Jusqu'à
ses 18 mois, Akira n'usait que de quatre mots : maman, tété,
dodo, go et kaw kaw ; Pour communiquer il " musait " sur tous les
tons : mmmm ? mmmm !! mmmm… en montrant ce qu'il voulait. Il semblait
pourtant comprendre beaucoup de choses, je pouvais le vérifier en
feuilletant avec lui des livres et en lui demandant de me montrer
des choses, mais il n'utilisait pas les mots pour communiquer, parvenant
très bien à se faire comprendre par signes. Jusqu'au moment où il
s'est intéressé aux vidéos de son âge. Il faut dire qu'il évolue dans
un environnement cinéphile et téléphage. Nous enregistrons beaucoup
de films et il est entouré d'autant de cassettes que de livres..
Le magnétoscope faisait déjà partie de sa vie, il avait découvert
le plaisir d'y introduire et d'en sortir des cassettes et de manipuler
la commande à distance. Mais vers 17 mois nous lui avons montré un
adorable film d'animation nommé Pingu et il a été fasciné. Nous avions
déjà fait des tentatives auparavant avec Mimi et Teletubbies, sans
succès. Disons qu'il regardait le générique pour la musique et puis
son attention faiblissait et il se désintéressait du petit écran.
Avec Pingu, le déclic se fit et les autres films d'animation ont attiré
son attention. Nous ne saurons jamais si c'est dû à Pingu lui-même
ou simplement son niveau de maturité qui était devenu suffisant (concentration
etc..) ou un peu des deux. Très motivé par le désir de nous faire
comprendre quelle cassette il voulait regarder, Akira s'est mis à
les nommer : Ghighu (Pingu), Mimi, Baba (Babar puis Barbapapa), Lilu(Teletubbies),
ensuite il s'est mis à nommer des choses qu'il voyait sur le petit
écran et qu'il se contentait de montrer du doigt dans la vie courante
: coin-coin, Wouh wouh, pain, pomme…comme s'il avait compris grâce
à la vidéo que les mots servent à représenter ce qui n'est pas là.
Ce qui nous étonnait le plus c'était d'observer à quels passages du
film il réagissait, car nous le voyions parfois rire sans comprendre
pourquoi. Alors nous repassions la bande au ralenti pour découvrir
le passage mystérieux qu'il trouvait si drôle. Nous nous sommes rendu
compte que ce sont les mouvements d'ailes des oiseaux qui le faisaient
tant rire et nous avons eu l'idée de lui montrer " Le peuple migrateur
". Quel succès ! Akira hurlait de joie, tapant des mains et des pieds
à chaque battement d'ailes. (Sa passion pour tout ce qui vole se confirme
d'ailleurs avec les avions qu'il a appelés " Craaaouw "). Les films
d'animation ont aussi accrû son intérêt pour les
livres. C'est en effet à partir de ce "déclic"
qu'il a voulu nous montrer les images dans les livres en nous demandant
leur nom. Il était très excité quand il y trouvait
des choses qu'il avait déjà vue à la télévision
(par ex Mimi et ses amis). Il se mit donc à user du langage
dans son rapport avec les livres, les films sans les utiliser dans
la vie courante pour les objets quotidiens, comme s'il se faisait
une réserve de mots pour plus tard. Nous étions parfois
inquiets. Je me demandais par ex si mon fils savait que le mot "canard"
désigne aussi bien celui du dessin animé que celui qui
nage dans l'étang près de chez nous. Pourtant il était
capable de nous montrer le canard quand nous lui demandions: où
est le canard? Et puis un nouveau déclic s'est produit et Akira
a vraiment commencé à parler pour demander des choses.
J'ai été très émue quand il a dit "couteau"
pour la première fois, sans se contenter de le montrer du doigt.
Ce sont des moments forts que les parents attendent aussi impatiemment
que les premiers pas. Cette évolution va de paire avec une
maturation qui le rend tout doucement apte à l'apprentissage
de la propreté. Akira est capable de prévenir quand
il va ou est en train de salir son lange, il peut mettre des mots
sur ce qui se passe. Il est si fier de dire "pipi" et "caca"
au bon moment et à bon escient.
Je
me demande parfois comment les choses se seraient passées sans
l'introduction de la vidéo. Sans doute les
livres, très présents dans la maison, auraient-ils
joué le même rôle. Mais la vidéo propose
des plus: le mouvement, le geste que l'enfant cherche à imiter
et... le décor sonore, souvent musical. Là aussi j'ai
vu mon fils apprendre à chanter en accompagnant les génériques.
Il lui arrive même de nommer les cassettes en chantant. Bien
sûr, il peut trouver tout cela ailleurs,
nous dansons et chantons avec lui, nous l'invitons à participer
à nos activités quand c'est possible (cuisine, rangement,
jardinage...). Non, la vidéo n'est pas indispensable (moins
que les livres en tout cas) mais
elle n'est sûrement pas mauvaise.
Il
est dans l'air du temps de critiquer la télévision et
de dénoncer son impact négatif sur la santé et
la vie émotionnelle des enfants et des adolescents. Edwige
Antier dans son livre: "mon enfant parle bien" aborde cette
question avec nuances. Tout dépend de la manière dont
on use de ce média. il est évidemment très dangereux
de montrer la télévision des grands à un tout-petit.
D'ailleurs, c'est depuis que je suis maman que je prends conscience
de la violence, l'agressivité et la vulgarité de nos
programmes et je n'ai presque plus envie de regarder la télévision.
Mais il s'agit ici de montrer des cassettes vidéo adaptées
à leur âge et à des moments choisis. Il est bien
loin le temps où Disney avait le monopole du film pour enfants.
Heureusement car les dessins animés de Disney ne s'adressent
pas aux tout-petits, au moins de trois ans. Aujourd'hui nous avons
la chance de trouver sur le marché des films vraiment adaptés
comme Petit Ours brun, Léo et Popi, Caillou, Oui-oui, Pingu.
Teletubbies est vraiment bien conçu pour l'apprentissage du
langage. Ces films de qualité
contribuent aussi à leur éducation esthétique
Il
y a évidemment des conditions à cet usage. Le danger
du petit écran est bien connu, il peut mettre en état
de passivité hypnotique. Il faut donc éviter de laisser
un petit tout seul devant l'écran pendant trop longtemps. (par
ex deux fois une demi-heure par jour au maximum, pas juste avant le
coucher etc...) L'idéal étant de regarder avec lui,
de l'inviter à réagir, d'attirer son attention sur certaines
choses. Regarder la télévision doit être un moment
de partage et de convivialité comme la lecture d'un livre.
Et pour juger de la qualité d'une cassette, c'est très
simple, si vous y prenez goût vous-même en la regardant,
c'est bon signe. Moi-même je suis devenue accro à Pingu
et à l'Ours Plume. Je trouve dans les Teletubbies de bonnes
idées de jeux et d'animation (si on jouait à la plasticine
comme on l'a vu faire?). Les grandes soeurs d'Akira (10 et 12 ans)
regardent volontiers avec lui ses programmes et reprennent en choeur
les chansons à tue-tête. Ce sont des moments qui rendent
Akira très heureux.
Il
est en tout cas très intéressant d'observer les réactions
d'un enfant qui regarde un film. On en apprend beaucoup sur ses centres
d'intérêt, ses goûts et son caractère: quel
personnage préfère-t-il? qu'est-ce qui le fait rire?
J'ai été frappée par la fascination que la famille
Barbapapa exerce sur mon fils. Pendant un temps, les aventures de
Barbapapa ont éclipsé tous les
autres programmes. Pourquoi? Nous avons regardé inlassablement
les mêmes cassettes avec lui pendant des semaines et j'ai constaté
que non seulement cela ne m'ennuyait pas mais j'apprenais des choses
que j'ignorais sur les animaux et l'écologie. N'est-ce pas
gage de qualité? Lors de nos visites à la campagne ou
au parc animalier, Akira reconnaissait avec enthousiasme tous ces
animaux qui faisait déjà un peu partie de son imaginaire.
Il doit y avoir d'autres explications à cet engouement (les
couleurs, les Barbapapa changent de formes, la musique, les voix d'enfants
etc...) mais l'idéal de communion avec la nature et les animaux
que proposent leurs histoires correspond assez bien avec l'état
émotionnel des enfants de cet âge.
Akira
a 25 mois maintenant et il vient de manifester un nouvel intérêt
pour les jeux vidéo! Il faudra aussi gérer cela pour
un mieux éducatif. Je vous en reparlerai certainement dans
un prochain édito. Connaître vos expériences à
ce sujet m'intéresserait!
Xavière
Remacle
Septembre
2003
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Réactions
Nathan
a énormement progressé du point de vue du langage depuis
qu'il regarde quotidiennement le dessin animé, "Dora l'exploratrice"
C'est un dessin animé interactif où les enfants doivent répéter
des mots après Dora, montrer des objets cachés sur l'écran, répondre
à des petites questions qui font appel à la mémoire de l'enfant,
chanter, taper dans les mains, se lever,... Lorsque moi je voulais
lui faire répéter des mots il avait tendance à se
bloquer, à s'énerver même. Avec Dora il s'est lâché
petit à petit. Il a même appris à compter jusque 8 alors que nous
ne lui avons jamais appris les chiffres ! Un matin nous l'avons
entendu compter tout seul apres avoir visionné un episode de Dora
où elle avait compté jusque 8 ! Il fait beaucoupp de progrès
surtout lorsqu'il est seul en compagnie de Dora, on a vraiment
l'impression qu'il rentre complètement dans le jeu. Pour
lui c'est une vraie leçon autant qu'un divertissement. Dora a
un attrait magique, Dorian 23 mois commence aussi à s'y intéresser
de plus en plus. Il tape dans ses mains en même temps qu'elle
et se dandine devant l'écran lorsqu'elle danse.

Dora
l'exploratrice, nous on est fans !
Véronique,
maman de Nathan et de Dorian, site: les
mamans maternantes
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